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"Les maîtres sont ceux qui regardent
avec leurs propres yeux ce que tout le monde a vu, et qui savent apercevoir la beauté de ce qui est trop habituel
pour frapper les autres esprits."
Rodin
Cinéaste,
photographe, écrivain, Alain Fleischer s’introduit dans le
royaume de Rodin pour mettre à nu sa passion du corps humain, et
révèle ainsi toute son énergie créatrice.
La technique du sculpteur génial reprend vie, et devient limpide.
Le 8 mars 2001 au
matin, devant une petite foule fervente et recueillie, le
chef-d’œuvre d’Auguste Rodin, "Les
Bourgeois de Calais", est déscellé de son socle,
soulevé par une immense grue et déposé
dans un camion pour être transporté
jusqu’à Rome, en vue d’être
restauré dans les jardins de la Villa Médicis.
En
prenant part au voyage des "Bourgeois" en Italie, Alain Fleischer nous
invite à une fascinante exploration de l’univers
esthétique de Rodin. Il s’introduit dans le
royaume du sculpteur pour mettre à nu sa passion du corps,
de la beauté intrinsèque de ces membres humains
qu’il met en scène dans d’infinies
combinaisons.
Sa
caméra scrute le modelé de Rodin afin d’en révéler
toute l’énergie créatrice. Elle
dévoile dans ses œuvres la vie palpable,
l’intranquillité que recèlent les
chairs saisies dans le plâtre et le métal. Les
figures s’animent, les unes après les autres, dans
une sorte de pantomime tragique.
Le
réalisateur convoque mimes et danseuses pour rejouer le
mystère de la représentation des corps, mis en
scène par Rodin dans ses sculptures comme dans ses
innombrables dessins. Dans son rapport aux modèles vivants,
le sculpteur voulait saisir la sensualité à fleur
de peau. On ressent comment Rodin, grand observateur de la
beauté féminine, conférait
à ses œuvres une puissante force
d’attraction.
La
voix de Rodin se fait entendre pour nous faire entrer
à pas comptés dans son royaume, aux
sources des visions fulgurantes d’où jaillirent
ses plus grands chefs-d’œuvre.
On découvre avec
émerveillement, pour la toute première fois, les
remises secrètes où sont entreposés
des centaines de sculptures démembrées, de
plâtres reproduits en séries, de moules
à chefs-d'œuvre. Toute une galerie anatomique est
en attente d’être assemblée dans cet
étrange laboratoire souterrain. Les corps sont ici des
combinaisons entre les mains de l’artiste qui les compose.
Le
sculpteur nous accompagne, la nuit tombée, dans
l’hôtel parisien qui est devenu son
musée, où les ombres mouvantes de ses
œuvres se découpent et se déplacent
dans l’obscurité. Nous nous promenons
avec lui dans les jardins magnifiques de la Villa Médicis,
habités par ses sculptures disséminées
dans le labyrinthe des allées.
En
prenant finalement ses distances avec le Roi Rodin, Alain Fleischer
revient aux origines de la sculpture. Il interroge son rapport
unique à l’espace et sa place unique, et rend
compte de la place irremplaçable qu’elle occupe
dans les arts, sa raison d’être.
"Le
roi Rodin" a été sélectionné au Festival de Locarno d'août 2003 et a
fait l'ouverture du 21e Festival international du film sur l'art de
Montréal en mars 2003.
Une
coproduction Artline Films, Le Fresnoy - Studio National des Arts
contemporains, Musée Rodin, Ville de Calais, Musée d’Orsay, Villa Médicis,
Académie de France à Rome, avec la participation du CRRAV (Centre
Régional des Ressources Audiovisuelles, Tourcoing), de France 3 /
Nord/ Pas de Calais/ Picardie et du Centre national de la cinématographie
Version française, doublages anglais et espagnol
16/9, PAL, Stéréo 2.0 Dolby Digital
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